Vivre en temps de guerre

les guerres mondiales en Loire-Atlantique

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Rationnement et solutions de "débrouille"

 

 

La triplette de la famille Timonnier, années 1937-1938 - Collection particulière

Le rationnement se met en place à Nantes durant l’automne 1940. Très vite, les denrées de première nécessité (beurre, le lait, œufs) deviennent rares. La distribution de tickets de rationnement est organisée en octobre. En 1941, tous les produits agricoles viennent à manquer. Une grande partie de la production est en effet destinée à l’Allemagne. Les Nantais vivent au rythme des arrivages, certains ont recours au marché noir. C’est le règne de la débrouille.

Remorque utilisée pour le ravitaillement de denrées alimentaires - Collection particulière

 

Ceux qui ont des proches à la campagne peuvent se procurer plus facilement des produits frais. Les Timonnier habitent le quartier de l’hôpital Bellier à Nantes. Leur famille possède une petite exploitation à Châteaubriant et des champs à Nort-sur-Erdre. Afin de se ravitailler en denrées alimentaires, ils s’y rendent en triplette, en prenant soin d'y attacher une petite remorque. Ce système ingénieux leur permet d’améliorer leur quotidien.

 

Drapeau nazi à la Kommandantur de Nantes

Les Allemands entrent dans Nantes le 19 juin 1940. Les autorités allemandes font preuve d’une remarquable efficacité pour s’installer en pays conquis. Aux réquisitions, elles adjoignent des demandes plus inhabituelles et si la symbolique de leur présence est renforcée par les lieux stratégiques dans lesquels elles choisissent de s’installer, elle l’est aussi par le fait qu’elles sont partout. Ainsi, des troupes stationnent à l’usine des Batignolles quand les officiers réquisitionnent les appartements les plus agréables, l’intendance allemande s’installe dans les hôtels du centre-ville, et la Feldkommandantur à l’hôtel d’Aulx, place Foch.

C’est dans cet hôtel que le 12 août 1944, à la Libération de la Ville par les Alliés, Marcel Jaunet, capitaine FFI, chargé d’occuper, avec ses hommes, les bureaux de la Kommandantur, tout juste abandonnés par l’occupant, trouve un drapeau nazi.

Dans un geste de colère, il s’en empare et le jette par terre. C’est là, dans un des bureaux, que le drapeau restera, servant de tapis au capitaine qui installa dessus sa table de travail et le foula ainsi plusieurs jours durant. Devant quitter l’endroit pour une autre mission, Marcel Jaunet prit avec lui cet objet, symbole de la Libération et de la puissance allemande vaincue.

Presque trente ans plus tard, il le remit à Jean-Claude Terrière, en hommage aux actes de bravoure de son père,  René Terrière, commandant FFI du 2ème bureau, arrêté et déporté, qui ne revint jamais du camp de Neuengamme.

Le 6 mai 2008, Jean-Claude Terrière fit don au musée du drapeau nazi que Marcel Jaunet lui avait remis en 1983 en hommage à son père René Terrière.

 

Sources

Gualdé Krystel, En guerres, 1914-1918/1939-1945. Nantes et Saint-Nazaire, catalogue de l'exposition, édition du château des ducs de Bretagne, 2014.

Le recensement des Juifs nantais en octobre 1940

Registre d’inscription des israélites de l’arrondissement de Nantes, octobre 1940 – Provenance : Archives départementales de Loire-Atlantique, Nantes. Photographie prise dans l’exposition En guerres

 

Les premières mesures discriminatoires envers les Juifs suivent de quelques mois l’instauration de l’Etat Français.  Le 27 septembre 1940, les Allemands imposent le recensement des Juifs en zone occupée. Quelques  jours  plus tard, le gouvernement de Vichy prend l’initiative de promulguer le premier statut des Juifs (3 octobre 1940), qui définit la judéité. Est considérée comme « juive » toute personne pratiquant cette religion et ayant deux grands-parents juifs, ou quiconque ayant trois grands parents de « race juive » ou deux grands-parents et un conjoint juifs... Il n’est donc pas nécessaire de pratiquer la religion juive pour être considéré « juif », les notions d’hérédité  et de « race » étant mises en avant. La loi interdit également aux Juifs l’accès à de nombreuses professions liées au service public.

En octobre 1940, les Juifs nantais viennent se déclarer à la Préfecture de Loire-Inférieure. Le registre de l’arrondissement de Nantes, aujourd’hui conservé aux Archives départementales, se compose d’une série de feuillets manuscrits, répertoriant sous forme de tableau et de manière détaillée chaque personne composant la famille. L’origine géographique, l’hérédité, la situation matrimoniale, la religion, l’activité professionnelle et l’adresse sont systématiquement indiquées. La majorité des personnes inscrites sur ce registre sont françaises (357 sur 537).


Page de garde du registre

 

Si certaines familles ont probablement choisi de ne pas se déclarer, la majorité ont répondu à cette sollicitation, pensant « ne rien avoir à cacher ». Leur obéissance s’explique également par le fait que l’enregistrement était effectué par les autorités françaises, et non par l’occupant. Cette volonté de se comporter en « bon citoyen » va pourtant causer leur perte, puisque ce fichier contribuera à leur arrestation et à leur déportation deux ans plus tard, lors de la rafle de juillet 1942.

Certains regretteront par la suite leur inscription au registre et tenteront de se faire radier de cette liste en faisant valoir leur nationalité française, des faits de guerre, une conversion à la religion catholique… mais la plupart de ces tentatives échouèrent. D’autres essaieront de fuir vers la zone libre ou l’étranger.

Détail du registre d’inscription des israélites de l’arrondissement de Nantes

28 juin 1944 : l'attaque du maquis de Saffré

Photographie réalisée après la prise du maquis de Saffré - Archives départementales de Maine-et-Loire

 

Dès 1943, un vingtaine de groupes de résistance se forment en Loire-Inférieure, sous l’autorité du général Audibert, commandant de l’Armée secrète de l’Ouest.

Au nord de Nantes, le maquis de Saffré, organisé par Valentin Abeille, membre des Forces françaises de l’intérieur, réunit plus de 300 membres. En juin 1944, une opération de parachutage d’armes est en préparation. Informés par leurs indicateurs, les Allemands organisent, le 28 juin, une intervention « coup de poing », menée par plus de 2000 soldats et miliciens ; 13 maquisards sont tués au combat, 27 fusillés, 29 déportés dans les camps. Les Allemands n’hésitent pas à prendre des photographies du massacre.

Les autorités allemandes réalisent là leur dernière grande opération contre la Résistance en Loire-Inférieure, avant de quitter définitivement Nantes et sa région proche le 12 août 1944.

Les rescapés du maquis de Saffré continueront le combat dans la poche de Saint-Nazaire jusqu’en mai 1945.

 En 1950, un monument rendant hommage aux victimes est inauguré par le Général de Gaulle.

  

Une des victimes de l'attaque - Archives départementales de Maine-et-Loire

 

Ces photographies sont extraites d’un album constitué par les Renseignements généraux, conservé aux Archives départementales de Maine-et-Loire et actuellement présenté dans l’exposition En guerreS.

 

Sources :

Catalogue d’exposition En guerres, Editions du château des ducs de Bretagne, 2013

http://www.pays-chateaubriant.fr/chateaubriant/menu_principal/visiter/sites_a_decouvrir/maquis_de_saffre

http://www.resistance-44.fr/?Maquis-de-Saffre

 

 

Ceux qui sont rentrés

Parmi les objets conservés dans les collections du musée, il y en a qui ont, pour moi, d’emblée, un statut à part. Des objets étonnants, singuliers. Les vêtements font partie de cette catégorie. Parce qu’ils ont été portés par leurs propriétaires, ils racontent une histoire personnelle, intime, qui m’a toujours émue. La solennelle robe de mariée, le petit bonnet du nourrisson, les sabots usés du travailleur…

Et parmi les vêtements, il y a les tenues de déportés. Objets à part, rares, porteurs d’une charge historique et émotionnelle intense. Ces images de corps décharnés, le regard vide, habillés de rayures, font partie de notre mémoire collective. Derrière la déshumanisation de l’uniforme, il y a des hommes et des femmes, des parcours de vie, des engagements.

La robe et les galoches de Jeanne Bouvron, internée à Ravensbrück pour faits de résistance, libérée le 23 avril 1945, à la veille d’être pendue.

2005.8.1

La robe de Gisèle Giraudeau, résistante, déportée à Ravensbrück le 13 mai 1944 et libérée un an plus tard.

2008.14.1

La tenue de Roger Cadiot, déporté pour faits de résistance à Sachsenhausen le 24 janvier 1943, transféré à Dachau, et libéré le 29 avril 1945.

2009.2.2

Au musée, on peut dire ce que furent ceux qui les ont portés, quelles ont été leurs histoires, leurs destins. On peut classer, inventorier, documenter et restaurer ces vêtements, pour les donner à voir, dans l’exposition En Guerres, comme témoins de l’histoire. Car ces vêtements disent ceux qui sont rentrés chez eux. Ils disent l’horreur de la guerre, l’ignominie, la violence. Mais ils disent également, de façon terrifiante, tous ceux qui ne sont pas revenus.

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