Vivre en temps de guerre

les guerres mondiales en Loire-Atlantique

Afficher Carte résistance sur une carte plus grande

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Deux guerres, deux niveaux

Nous avons avant tout voulu montrer que ces deux conflits étaient différents l’un de l’autre, et qu’il ne s'agissait pas d'une seule et même guerre. La séparation entre les niveaux du bâtiment nous offrait la possibilité de rendre cette idée physiquement sensible au visiteur tout en laissant l’escalier créer le lien. Nous avons tiré parti de cela. Le public comprend ainsi que les deux conflits sont liés, indéniablement, mais qu’ils sont différents. Si les principes scénographiques restent les mêmes dans les deux niveaux, le changement de couleur entre les deux étages crée des environnements différents. Nous en avions fait le pari, mais ce n’est qu’une fois l’exposition achevée que nous en avons eu la confirmation.

 

Des objets patrimoniaux qui témoignent

Nous avons choisi de montrer les objets les plus modestes comme s’ils étaient des objets rares, précieux, uniques. Bien entendu, ils le sont pour nous puisque chacun d’entre eux raconte un homme, une femme, mais au-delà de ce fait, il nous semblait important de montrer qu’ils relevaient aussi du patrimoine.

Qu’est-ce qu’un objet patrimonial si ce n’est, avant tout, un témoignage ? Témoignage d’une époque, d’une pensée, d’une philosophie, d’un état de l’art ? Témoignage d’un quotidien, d’une histoire ?

Ainsi, les objets et documents sont mis sur socle ou encadrés comme le seraient des objets d’art ou des œuvres. La lumière participe à leur pleine mise en valeur. Ils sont au cœur de la visite. A côté d’eux, il ne nous semblait pas utile de développer des effets scénographiques, ni de les écraser de symboles et de textes. Lucie Hospital, la scénographe, et Yan Stive, le graphiste, ont immédiatement adhéré à cette idée et porté le projet dans ce sens.

Des collections enrichies par vos dons

Sur 5 ans de collectes, le musée a reçu 650 dons de 75 donateurs... la collecte a été d’une richesse inouïe, qui a dépassée nos espérances. Les objets sont venus avec l’histoire de ceux auxquels ils ont appartenu, ils ont toujours été accompagnés de documents permettant de la vérifier voire de l’enrichir et ils ont souvent permis à la parole de se libérer, après des années de silence.

Aujourd’hui, nombreuses sont les propositions de dons qui viennent enrichir les collections et participer à la recomposition des futures salles du musée consacrées à l’évocation des deux conflits. Une assiette à l’image du Maréchal Pétain, des postes de radio subtilisés dans les locaux occupés par les Allemands après leur départ, une fausse carte d’identité ayant permis à un résistant de ne pas être requis par le STO…sont autant d’exemples d’objets qui nous sont proposés par les Nantais. Tous les dons sont « marquants », car ils composent ensemble un tableau de la vie des « gens ordinaires ». Ceux qui me laissent souvent une impression plus forte sont ceux qui, au milieu du cauchemar, témoignent qu’il existe encore, quelque part, un peu de lumière : ce peut être la lettre d’une famille anglaise à un résistant nantais qui leur a envoyé les objets personnels de leur fils, abattu au dessus de la ville et protégé jusqu’à ce qu’il rejoigne le maquis, comme la robe de chambre d’une petite fille qui, faisant partie des sinistrés, trouve un réconfort auprès de la Croix rouge américaine et entame une correspondance avec sa bienfaitrice, par delà l’Atlantique.

Les guerres mondiales à l'échelle locale

Approcher les guerres par l’histoire locale est une autre manière de considérer ce que ces conflits ont été, au plus près de ceux qui les ont vécus. Bien entendu, Nantes et Saint-Nazaire sont « à l’arrière » pendant la première guerre mais les habitants n’en sont pas moins impliqués dans le conflit, les hommes mobilisés et les femmes au travail pour soutenir l’industrie d’armement. Les civils connaissent alors des temps particulièrement difficiles, attendant dans l’angoisse des nouvelles de leurs proches (plus de 5000 Nantais ne reviendront pas des champs de bataille) et  ne trouvant plus les moyens de vivre convenablement.

Lors de la deuxième guerre, les deux villes sont en zone occupée et connaissent à la fois la présence de l’ennemi, la collaboration économique, la collaboration idéologique, de hauts faits de résistance, ainsi que les rafles de la population juive.

La guerre est partout, même si elle n’est la même nulle part. A l’échelle locale aussi, elle mérite d’être regardée, comprise et mise en perspective, dans une histoire qui emboite les espaces (locaux, nationaux et mondiaux) et redonne aux individus une véritable place.

14-18/39-45 : une ou deux guerres ?

Aujourd’hui les historiens se posent de nombreuses questions sur la relation entre les deux conflits ; ombre portée de la première guerre sur la seconde, lien de causalité directe, … Certains d’entre eux pensent qu’il pourrait s’agir  d’une seule guerre, qui aurait duré « 30 ans », momentanément interrompue, entre 1918 et 1939. Cette réflexion est à l’origine de nombreuses polémiques actuellement, puisqu’en mêlant les deux conflits, les spécificités de la seconde guerre mondiale, notamment les notions de guerre d’anéantissement et de guerre totale, sont noyées dans une vision plus large et plus classique de ce qu’a été la première guerre. Les débats sont rudes entre les tenants des deux approches et montrent que cette histoire est encore trop proche pour être appréhendée dans sa globalité.

Le fait d’avoir ajouté un S à l’expression « en guerre », montre que le musée n’ignore pas ces débats, mais considère, aujourd’hui, qu’il s’agit bel et bien de deux conflits.

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